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Voyage en Norvège. |
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Lors
des nombreux stages d’obéissance que nous avons effectués avec des
Norvégiens, Suédois ou Italiens, nous avons pu acquérir une certaine
technicité dans la préparation du chien à la compétition. Il
nous semblait cependant que certaines données nous avaient échappées…. Afin
de découvrir les éléments essentiels qui nous manquaient, nous avons décidé
d’aller chercher l’information à la source ….. en Norvège. L’amitié tissée
avec Emilie Prytz au fil des entrevues en France
nous a grandement facilité la tâche. Le
voyage fut organisé pour ce mois d’Août 2007 ; 10 jours d’entraînements
en Obéissance, 10 jours à étudier non seulement leur méthode de travail, mais
surtout leur façon de vivre avec leurs chiens ! |
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Voici
quelques unes de nos constatations : Tout
d'abord, et pour commencer, la conception du chien n'est pas la même :
il n'est ni un membre de la famille, ni un substitut affectif ….ni un objet
de valorisation ou de protection, il est simplement un compagnon de jeu et de
travail. Dans
la vie de tous les jours, que ce soit
chez les compétiteurs ou chez les personnes ayant un chien juste pour le
plaisir, le chien est constamment sous contrôle du maître : -
dans la maison, où tous ses déplacements sont gérés -
dans le jardin où il est rarement seul - en
extérieur, et notamment avec les autres chiens où tous les mouvements sont
contrôlés pour ne jamais laisser place à une attitude trop " dominante
" (ex : un chien qui se grandit en en regardant un autre fixement) - sur le terrain de travail ou le calme et
la concentration sont de mise. Les
Norvégiens sont des personnes de caractère qui restent calmes et posées ;
leur relation avec le chien est basée sur le respect et la confiance. Dès
leur plus jeune âge, les chiens sont entraînés à obéir avec beaucoup de
plaisir : les récompenses sont données sans compter, ce qui permet de
renforcer la motivation du chien au maximum. L'excitation est formellement
interdite : le chien doit être motivé, mais calme, ce qui permettra un
travail rapide et précis avec un chien à l'écoute. La
rigueur est de mise à chaque instant, les ordres donnés de manière claire et
posée doivent être exécuté immédiatement ; la logique d'éducation du chien
est respectée à chaque instant. L'entraînement aux sports canins est aussi très différent. Tout se
travaille dans la joie et le plaisir. Les
exercices sont décomposés au maximum, et chaque partie est récompensée. Le
conducteur aide son chien pour qu'il ne fasse pas d'erreur ; s'il se trompe,
il n'est pas réprimandé : c'est que le conducteur a voulu aller trop vite, en
a demandé trop, n'a pas assez aidé ou a mal guidé son chien …. il faut alors
recommencer en aidant plus le chien. Quand
au déroulement, deux mondes nous séparent ….. Les
Norvégiens s'entraînent n'importe où : terrains de club, terrains de foot,
parc publics ….. Lorsque
plusieurs équipes se retrouve pour travailler ensemble, il n'y a pas 1 "
chef " et des exécutants, tout le monde s'entraîne en même temps sur le
même terrain. Lors des pauses, ils se concertent, s'entraident si besoin.
C'est très impressionnant à voir … et à vivre : 10 chiens qui travaillent,
dans le calme, au contact permanent, malgré les chiens qui courent à côté,
les balles qui passent tout près ! une expérience inoubliable. Leur
organisation est exemplaire : sans communiquer, ils travaillent sur les mêmes
" ateliers " sans se gêner. Le respect de l'autre et de son travail
est omniprésent. Le
programme des concours d'obéissance est plus progressif. Contrairement
à notre attente, les équipes des premiers échelons n'ont pas un très bon
niveau technique ; par contre, les chiens ont déjà tous un contact quasi
permanent, et une grande joie au travail. Les
concours se déroulent sur plusieurs terrains juxtaposés (2 Agility, 2 Obéissance) espacés de |
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Les
conducteurs échauffent leur chien juste à côté des rings, en augmentant au
maximum la motivation du chien. Le travail des chiens est respecté : - les
équipes entrent sur le terrain dès qu'elles sont prêtes (par exemple, un
conducteur a abandonné ; le juge a attendu que le conducteur suivant ait
préparé sont chien calmement pour le faire entrer) - pas
de pauses pour le juge sans qu'elle n'ait été prévue dans l'organisation. Sur
le terrain, c'est le même principe. L'exercice ne commence que lorsque le
conducteur a annoncé que l'équipe était prête, c'est-à-dire, que si le chien
n'est pas assez motivé ou pas au contact, le juge attends. Ceci permet
également d'aider le chien pour la mise au pied initiale, voir de le replacer
si besoin. Entre
les exercices, c'est le même principe : les conducteurs remotivent leur chien
(souvent de manière assez démonstrative) qui n'a pas besoin de marcher au
pied (mais comme il est toujours au contact, il n'est jamais bien loin ….). Rq : bien
évidemment, ceci est possible grâce au respect mutuel entre conducteur et
juge ! |
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La remise des prix est
effectuée à la fin de chaque épreuve, ce qui permet de libérer les équipes au
fur et à mesure. Dès la dernière remise des
prix (souvent en milieu d'après-midi puisque les concours se déroulent sur 2
terrains), de nombreuses équipent affluent sur le terrain pour s'entraîner.
Ceci permet un travail supplémentaire, en milieu très riche, puisque celui de
la compétition, et avec des chiens qui ne se connaissent pas. |
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Nous
avons également eu la chance d'assister au championnat de Norvège. Le
samedi, 70 chiens concourent pour la qualification. La compétition se déroule
sur 3 terrains (absences et marche sur le premier, positions pendant la
marche, rappel et envoi dans le carré sur le deuxième, et le reste sur le
troisième), ce qui permet, entre chaque partie, de rebooster le chien par du
jeu (en plus de félicitations de rigueur entre chaque exercice). Les terrains
sont petits, mais la disposition permet d'éviter tout doute possible au chien
(pas de cône qui traîne ….). Sur
chaque terrain, un juge et un commissaire (en fait, c'est aussi un juge qui
officie ce jour là en commissaire) officient dans la même état d'esprit que
lors des concours locaux : pas de pression inutile, respect du travail et de
la préparation du chien. A la fin de la journée, après classement, les 15
premiers accèdent à la finale. |
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Le dimanche, les chiens
concourent en deux temps : du " moins bon " au meilleur, des
absences au carré, puis, nouveau classement intermédiaire avant l'exécution
de la fin des exercices (du moins bon au meilleur). Ce jour là, les 3 juges
opèrent ensemble, avec 3 commissaires. Ce qui est impressionnant,
c'est l'attitude des conducteurs : concentrés tout en étant décontractés, à
l'écoute des besoins du chien. Si une erreur survient, malgré la déception,
ils félicitent leur chien pour éviter tout doute, lui redonnent de la
motivation. Ils forment réellement une EQUIPE. Les spectateurs, sont sobres,
mais généreux : ils encouragent les compétiteurs, et applaudissent
généreusement les parcours plaisants (même s'il y a des erreurs techniques). Ce
périple déstabilisant mais au combien instructif nous a permis de mieux
appréhender tous ces points qui font la différence ; les ayant observés,
compris et intégrés, nous pouvons désormais les transmettre. |
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